Dépôt de garantie : restitution, retenues et sanctions en location

Par Richard R. Cohen Droit des baux d'habitation 16 min de lecture

Dossier : Droit des baux d'habitation

Dépôt de garantie en bail d'habitation : restitution, retenues admissibles et sanctions

Le dépôt de garantie versé à la signature d'un contrat de location reste la propriété du locataire pendant toute la durée du bail : le bailleur le détient à titre de sûreté, non à titre de revenu. Son régime de restitution du dépôt de garantie est précisément encadré - délais stricts, conditions de retenue bornées, pénalité automatique - et constitue, de loin, l'un des premiers motifs de saisine des juridictions locatives en Île-de-France.

Fondements législatifs

Le cadre de base est fixé par l'article 22 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs. Ce texte détermine le plafond du dépôt, les deux délais légaux de restitution et la pénalité applicable au retard. Pour le bail meublé, l'article 25-6 de la loi du 6 juillet 1989 renvoie au même mécanisme tout en portant le plafond à deux mois de loyer hors charges.

La loi ALUR du 24 mars 2014 a introduit des grilles de vétusté opposables et précisé les conditions d'établissement contradictoire de l'état des lieux. La loi Élan du 23 novembre 2018 a institué le bail mobilité - contrat d'un à dix mois réservé aux personnes en formation professionnelle, études supérieures, mission temporaire ou stage - pour lequel aucun dépôt de garantie ne peut être exigé ; le locataire peut en revanche mobiliser la garantie Visale d'Action Logement. La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 a durci les obligations de performance énergétique : les logements classés G sont progressivement interdits à la relocation à compter de 2025, les logements classés F à compter de 2028 - ce qui influe directement sur l'appréciation de la vétusté des équipements de chauffage lors de la restitution.

Le dépôt de garantie se distingue de la caution solidaire (engagement personnel d'un tiers à couvrir les dettes locatives) et de la garantie Visale (cautionnement gratuit d'Action Logement accordé sous conditions de ressources et de profil). Ces mécanismes peuvent, en principe, être cumulés, sous réserve des restrictions propres à chaque régime - le bailleur ne peut exiger à la fois une caution solidaire d'une personne physique et une assurance loyers impayés (GLI), sauf locataire étudiant ou apprenti.

Plafonds et conditions de versement

Pour un bail non meublé, le dépôt est plafonné à un mois de loyer hors charges. Pour un bail meublé, le plafond est de deux mois hors charges. Aucun dépôt ne peut être exigé lorsque le loyer est payable d'avance pour une période supérieure à deux mois - cas typique du loyer trimestriel acquitté en début de période.

Le montant est arrêté définitivement à la signature du contrat : aucune révision du loyer ultérieure, même indexée sur l'indice de référence des loyers (IRL) publié trimestriellement par l'INSEE, ne peut entraîner une revalorisation du dépôt. Un bailleur qui réclame un complément à l'occasion d'une révision commet une infraction, que le logement soit ou non situé en zone tendue soumise à l'encadrement des loyers.

Exemple concret : un appartement loué nu 1 100 € hors charges dans le 8e arrondissement de Paris - soumis à l'encadrement des loyers depuis le 1er juillet 2019 - autorise un dépôt maximum de 1 100 €. Pour un logement meublé au même loyer, le plafond atteint 2 200 €. Si le loyer est révisé à 1 130 € l'année suivante, le dépôt reste bloqué à 1 100 €.

Délais légaux de restitution

L'article 22 de la loi du 6 juillet 1989 impose deux délais distincts, calculés à compter de la remise effective des clés :

  • Un mois lorsque l'état des lieux de sortie est conforme à l'état des lieux d'entrée ;
  • Deux mois lorsque des dégradations locatives imputables au locataire sont constatées à l'état des lieux de sortie.

Le point de départ est la date de remise des clés - en main propre lors de l'état des lieux de sortie, ou par envoi postal justifié. La fin du préavis ou la date juridique de résiliation du bail ne font pas courir ce délai. Si le locataire restitue les clés avant le terme du préavis, c'est la date de remise effective qui s'applique - ce que les praticiens vérifient systématiquement en cas de litige sur le point de départ du délai.

Selon les données de la DGCCRF, plus de 30 % des litiges locatifs portent sur la restitution du dépôt de garantie. La commission départementale de conciliation d'Île-de-France enregistre plusieurs milliers de saisines annuelles sur ce seul motif - volume qui traduit autant la fréquence des retards que la méconnaissance des règles de justification des retenues.

Retenues admissibles : justification et vétusté

Le bailleur peut imputer sur le dépôt les sommes correspondant à des loyers impayés, des charges locatives non réglées, et des réparations locatives non effectuées ou des dégradations locatives constatées au-delà de l'usure normale. Chaque retenue sur dépôt de garantie doit être documentée : comparaison entre état des lieux d'entrée et de sortie, devis ou factures d'artisans précisant la nature des travaux. Un descriptif unilatéral sans pièces justificatives est insuffisant devant le juge des contentieux de la protection.

La vétusté doit être déduite systématiquement. Lorsque le contrat intègre une grille de vétusté (recommandée par la commission nationale de concertation), son application est obligatoire. En l'absence de grille contractuelle, le juge apprécie librement la durée d'occupation et l'état réel du bien - dans ce cas, l'incertitude profite souvent au locataire.

Exemple : un locataire occupant un appartement pendant sept ans restitue un parquet rayé. Le bailleur ne peut retenir que la fraction du coût de remplacement correspondant à la valeur résiduelle après déduction de sept années d'usure normale, et doit produire la facture de l'artisan. À défaut, la retenue sera écartée par le juge.

Dans les dossiers traités en pratique, les retenues contestées portent fréquemment sur des travaux de peinture globaux sans distinction entre dégradation du logement imputable au locataire et vétusté normale, ou sur des charges locatives dont la régularisation des charges annuelle n'a jamais été transmise. La traçabilité documentaire depuis l'entrée dans les lieux conditionne la validité de toute retenue.

Sanction automatique du retard

Tout dépassement des délais légaux entraîne de plein droit une majoration de 10 % du loyer mensuel hors charges par mois de retard commencé - sans mise en demeure préalable ni décision judiciaire. La pénalité s'accumule jusqu'à restitution effective.

Pour un loyer mensuel hors charges de 1 200 €, trois mois de retard génèrent une pénalité de 360 € (3 × 10 % × 1 200 €), en sus du capital dû. La sanction ne s'applique pas si le retard est imputable au locataire lui-même - défaut de communication de sa nouvelle adresse postale, remise de clés tardive non justifiée.

Cette pénalité est distincte des dommages et intérêts que le locataire pourrait obtenir en démontrant un préjudice distinct du retard : frais financiers, impossibilité de constituer un nouveau dépôt dans un autre logement, etc.

L'état des lieux : document central

Sans état des lieux d'entrée, le logement est présumé avoir été remis en bon état de réparations locatives - le bailleur ne peut alors imputer aucune dégradation au locataire. Sans état des lieux de sortie contradictoire, c'est le locataire qui est présumé avoir restitué le logement dans l'état où il l'a reçu.

L'état des lieux doit être établi contradictoirement, pièce par pièce, daté et signé des deux parties. En cas de refus ou d'empêchement de l'une d'elles, un commissaire de justice peut être mandaté - les frais sont partagés par moitié. La signature électronique est admise, sous réserve du consentement des deux parties et de la garantie d'intégrité du document.

Les diagnostics immobiliers remis à l'entrée dans les lieux - dont le diagnostic de performance énergétique (DPE) - ne font pas partie de l'état des lieux à proprement parler, mais renseignent sur l'état du logement décent attendu. La qualification de passoire thermique (logement classé F ou G) influe sur la valeur résiduelle des équipements et sur les calculs de vétusté lors de la restitution.

Situations particulières

Copropriété et régularisation des charges

Dans un immeuble en copropriété, le bailleur peut conserver jusqu'à 20 % du dépôt de garantie au-delà du délai de deux mois, dans l'attente de la régularisation des charges annuelle. Dès que le solde est connu, cette fraction doit être restituée sans délai supplémentaire. Cette exception, prévue à l'article 22 de la loi du 6 juillet 1989, ne permet pas de bloquer indéfiniment une partie du dépôt.

Bail mobilité, bail étudiant et colocation

Le bail mobilité exclut tout dépôt de garantie ; le locataire peut mobiliser la garantie Visale ou l'avance Loca-Pass d'Action Logement pour d'autres types de baux. Le bail étudiant (neuf mois, sans reconduction tacite) suit les règles du bail meublé. En colocation, chaque colocataire peut avoir versé une fraction du dépôt ; la clause de solidarité entre colocataires peut affecter l'imputation des retenues, sans modifier les délais de restitution.

Congé pour vente et droit de préemption

Lors d'un congé pour vente, l'acquéreur reprend l'ensemble des obligations du bailleur, y compris la restitution future du dépôt. Le locataire doit être informé par écrit de l'identité du nouveau bailleur. Le droit de préemption du locataire s'exerce dans les deux mois suivant la réception du congé du bailleur. Si le locataire acquiert le bien, le dépôt s'impute sur le prix de vente ou est restitué selon les modalités convenues. Le congé pour reprise - délivré par le bailleur personne physique pour habiter lui-même ou loger un proche - obéit aux mêmes règles de restitution du dépôt à l'issue du bail.

Loyers impayés, clause résolutoire et procédure d'expulsion

Lorsque le bail contient une clause résolutoire et que le locataire n'a pas régularisé sa situation dans le mois suivant un commandement de payer délivré par commissaire de justice, le bailleur peut saisir le juge des contentieux de la protection pour faire constater l'acquisition de la clause et obtenir un titre exécutoire. La procédure d'expulsion suit, avec délivrance d'un commandement de quitter les lieux, puis intervention de la force publique - suspendue pendant la trêve hivernale (du 1er novembre au 31 mars) sauf décision préfectorale contraire.

Dans ce schéma, le dépôt est généralement absorbé par les loyers impayés et les frais de procédure. Lorsque la dette dépasse le montant du dépôt, le bailleur peut recourir à une saisie-attribution sur compte bancaire ou à une saisie des rémunérations sur le fondement du titre exécutoire. Un plan d'apurement peut être proposé via la CCAPEX ou dans le cadre d'un protocole de cohésion sociale avant toute saisine judiciaire. Si le locataire est en situation de surendettement, la commission de surendettement peut imposer un moratoire sur les dettes locatives - ce qui peut retarder le recouvrement mais ne suspend pas l'expulsion locative déjà engagée.

L'occupation sans droit ni titre - situation de l'occupant après résiliation du bail judiciaire - ouvre droit à une indemnité d'occupation jusqu'à libération effective des lieux. Une expulsion illégale sans décision judiciaire engage la responsabilité pénale et civile du bailleur, indépendamment de tout litige sur le dépôt de garantie. Le locataire peut également bénéficier d'un délai de grâce accordé par le juge, reportant l'exécution de l'expulsion de un à trois ans selon les circonstances.

Troubles de jouissance et exception d'inexécution

Des troubles de jouissance persistants imputables au bailleur - défaut d'entretien, non-réalisation de travaux obligatoires, troubles du voisinage non traités - peuvent conduire le juge à allouer une réduction de loyer ou des dommages et intérêts compensables avec les sommes retenues. Le locataire ne peut cependant pas procéder lui-même à cette compensation en retenant unilatéralement son loyer : une telle exception d'inexécution auto-proclamée expose à la résiliation du bail pour loyers impayés, sauf cas très particuliers admis par la jurisprudence.

Recours en cas de non-restitution

La séquence procédurale applicable est la suivante :

  1. Mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception - elle documente la réclamation et fait courir les intérêts complémentaires ;
  2. Saisine de la commission départementale de conciliation - gratuite, obligatoire avant toute action judiciaire portant sur le dépôt de garantie ;
  3. À défaut d'accord, saisine du tribunal judiciaire - le juge des contentieux de la protection est compétent en matière de baux d'habitation - en référé-provision si l'obligation n'est pas sérieusement contestable, ou au fond ;
  4. Injonction de payer lorsque le montant est certain, liquide et exigible : procédure rapide sans audience contradictoire initiale.

Le locataire peut également recourir à un conciliateur de justice à titre préalable, ou à la médiation locative si le bailleur y consent. L'aide juridictionnelle est accessible sous conditions de ressources. L'aide personnalisée au logement (APL) versée directement au bailleur ne modifie ni le calcul du dépôt ni les délais de restitution.

Le délai de prescription de l'action en restitution est de trois ans, conformément à l'article 2224 du Code civil. Ce délai court à compter de l'expiration du délai légal d'un ou deux mois - non à compter de la fin du bail elle-même.

Points de vigilance pratiques

Pour le locataire : conserver une copie signée de l'état des lieux d'entrée ; remettre les clés contre récépissé daté ou par lettre recommandée ; communiquer sa nouvelle adresse postale au bailleur dès la délivrance du congé. L'absence d'adresse connue peut être invoquée par le bailleur pour justifier un retard - argument qui prospère rarement si le locataire peut démontrer que le bailleur disposait déjà de ses coordonnées via la quittance de loyer ou un autre document antérieur.

Pour le bailleur : un état des lieux d'entrée comportant la seule mention générique « bon état » sans description pièce par pièce ne permet pas de comparer utilement l'état de sortie - et donc de justifier une retenue. Conserver les factures d'entretien antérieures à la location établit l'état initial des équipements. S'agissant de la régularisation des charges en copropriété, ne conserver que les 20 % légalement autorisés, ni plus ni moins.

La garantie des loyers impayés (GLI) souscrite par le bailleur n'interfère pas avec les règles de restitution du dépôt : elle couvre le risque d'impayé mais ne confère aucun droit supplémentaire sur les sommes détenues. Le défaut d'assurance habitation persistant du locataire constitue un manquement aux obligations du locataire pouvant justifier une retenue distincte si un sinistre est intervenu sans couverture.

La sous-location non autorisée, l'absence d'assurance habitation, ou l'occupation d'un logement ne constituant pas la résidence principale du locataire figurent parmi les manquements qui, sans remettre en cause les délais de restitution, élargissent les possibilités de retenue ou fondent une résiliation du bail. Les clauses abusives éventuellement insérées dans le contrat - par exemple une clause retenant le dépôt en cas de résiliation anticipée sans faute - sont réputées non écrites.

Conclusion

Le régime de restitution du dépôt de garantie est l'un des contentieux locatifs les plus fréquents, alimenté autant par la méconnaissance des délais légaux que par l'insuffisance des pièces justificatives produites à l'appui des retenues. Maîtriser les textes applicables - article 22 de la loi du 6 juillet 1989, grilles de vétusté, délai de prescription de l'article 2224 du Code civil - conditionne aussi bien la défense des intérêts du bailleur que ceux du locataire. Le Cabinet d'avocats Richard Cohen, situé à Paris 8e, intervient sur l'ensemble du contentieux locatif : restitution de dépôt de garantie, loyers impayés, clause résolutoire, procédure d'expulsion et résiliation du bail.

Questions fréquentes

Quel est le délai légal pour restituer le dépôt de garantie ?

Le bailleur dispose d'un mois à compter de la remise des clés si l'état des lieux de sortie est conforme à l'état des lieux d'entrée, et de deux mois en cas de dégradations constatées à la charge du locataire. Ces délais sont fixés par l'article 22 de la loi du 6 juillet 1989.

Quelle sanction s'applique en cas de retard de restitution ?

La somme restant due est majorée de plein droit de 10 % du loyer mensuel hors charges par mois de retard commencé, sans mise en demeure préalable. La pénalité ne s'applique pas si le retard est imputable au locataire - notamment en cas d'absence de communication de sa nouvelle adresse.

Le bailleur peut-il retenir une partie du dépôt de garantie ?

Oui, à condition de justifier chaque retenue par des pièces : état des lieux d'entrée et de sortie comparatifs, devis ou factures. Les retenues sont limitées aux loyers impayés, charges locatives dues et réparations locatives imputables au locataire, après déduction obligatoire de la vétusté normale.

Quel est le montant maximum du dépôt de garantie ?

Pour un bail non meublé, le plafond est d'un mois de loyer hors charges. Pour un bail meublé, il est de deux mois hors charges. Aucun dépôt ne peut être exigé pour un bail mobilité.

Le dépôt de garantie peut-il être révisé lors de l'indexation annuelle du loyer ?

Non. Le montant est arrêté définitivement à la conclusion du contrat de location et ne peut être modifié en cours de bail, même lors d'une révision du loyer indexée sur l'indice de référence des loyers (IRL).

Que faire si le bailleur ne restitue pas le dépôt de garantie ?

Le locataire doit adresser une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception, puis saisir la commission départementale de conciliation (étape obligatoire préalable à toute action judiciaire). À défaut d'accord, il peut saisir le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire en référé-provision ou au fond, ou recourir à une injonction de payer. Le délai de prescription est de trois ans à compter de la date à laquelle le dépôt aurait dû être restitué, conformément à l'article 2224 du Code civil.

La trêve hivernale suspend-elle les délais de restitution du dépôt de garantie ?

Non. La trêve hivernale (du 1er novembre au 31 mars) suspend les procédures d'expulsion locative mais n'a aucun effet sur les délais de restitution du dépôt de garantie. Le bailleur reste tenu de restituer dans les délais légaux pendant cette période.

Comment fonctionne la retenue de 20 % du dépôt en copropriété ?

Dans un immeuble en copropriété, le bailleur peut conserver jusqu'à 20 % du dépôt de garantie au-delà du délai de deux mois, dans l'attente de la régularisation annuelle des charges. Dès que le solde est connu, cette fraction doit être restituée immédiatement, sans délai supplémentaire.

La vétusté doit-elle obligatoirement être déduite des retenues ?

Oui. Le bailleur ne peut retenir que la fraction du coût de remplacement ou de réparation correspondant à la valeur résiduelle après déduction de la durée d'usage normale. Si le contrat intègre une grille de vétusté, son application est obligatoire. En l'absence de grille, le juge apprécie librement.

Qu'est-ce que l'avance Loca-Pass et dans quel bail s'applique-t-elle ?

L'avance Loca-Pass est une aide d'Action Logement permettant de financer le dépôt de garantie dans un bail classique (non meublé ou meublé). Elle prend la forme d'un prêt à taux zéro. Elle ne peut pas être mobilisée dans le cadre d'un bail mobilité, pour lequel aucun dépôt de garantie n'est exigible.

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